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Placements non traditionnels – exemples et stratégies

Mis à jour 3 avril 2025

Résumé

Investir, ce n’est pas seulement une question d’actions, d’obligations et de liquidités. Les placements non traditionnels (ou placements alternatifs) comprennent l’immobilier, les matières premières, les fonds spéculatifs et le capital-investissement, et même l’art, les antiquités ou les Beanie Babies. Ils permettent de diversifier un portefeuille et offrent des rendements potentiellement plus importants que les investissements traditionnels. Par contre, ils impliquent souvent des frais plus élevés, des barrières à l’entrée et un niveau de risque et de volatilité accru.

Pour la plupart d’entre nous, investir, c’est acheter des actions et des obligations. Pourtant, il existe tout un monde d’autres options pouvant offrir des rendements plus élevés et une meilleure diversification : les placements non traditionnels ou alternatifs, jusqu’ici largement réservés aux professionnel·les de l’investissement et aux ultrariches. Mais dernièrement, les maisons de courtage ont reconnu que le monde ordinaire représentait un marché considérable (en anglais seulement), ce qui les a incitées à trouver des moyens de permettre à plus de gens d’investir comme l’élite.

Voici quelques-uns des types de placements non traditionnels les plus populaires.

Les placements non traditionnels, c’est quoi?

Les placements non traditionnels regroupent tous les investissements qui ne font pas partie des actions, des obligations et des liquidités, et dont le prix ou la valeur ne suivent pas directement ceux de ces catégories traditionnelles. Certains placements non traditionnels peuvent tout de même inclure ces actifs, mais d’une manière non traditionnelle, notamment par la vente à découvert ou l’arbitrage (soit le fait de tirer avantage d’une différence de prix d’un même titre dans deux marchés).

L’immobilier, les marchandises, les fonds spéculatifs et le capital-investissementsont considérés comme des placements non traditionnels, tout comme les œuvres d’art, le vin et les antiquités, et même les Beanie Babies, les cartes Pokémon ou une mèche de cheveux de Mick Jagger.

Comme pour bien d’autres choses, tous les placements ne se valent pas. Le vaste univers des placements non traditionnels offre des occasions infinies… de perdre beaucoup d’argent. Mieux vaut donc s’y aventurer avec prudence.

Comment fonctionnent les placements non traditionnels?

Les placements non traditionnels, c’est un peu comme les personnages d’un film de braquage : un petit groupe hétéroclite sans vrai point commun, sinon l’envie de faire beaucoup d’argent. Difficile donc de tirer des généralités sur leur fonctionnement. Comme pour tout autre investissement, il faut faire ses recherches, placer son argent et… croiser les doigts.

Quels sont les avantages des placements non traditionnels?

L’un des avantages des placements non traditionnels, c’est qu’ils peuvent offrir des rendements supérieurs aux actions mondiales et aux liquidités. Voici un graphique qui compare les trois types d’investissements entre janvier 2011 et juin 2024.

La diversification est un autre avantage des placements non traditionnels. Lors des périodes (inévitables) où certains rendements sont décevants, un portefeuille diversifié aide à compenser les pertes. Comme il est difficile de prévoir quels placements auront un bon rendement chaque année, beaucoup d’investisseurs misent aussi sur des actifs autres que les actions, les obligations et les liquidités.

Quels sont les inconvénients des placements non traditionnels?

Même s’ils ne s’appliquent pas tous à l’ensemble des stratégies ou placements non traditionnels, voici les principaux inconvénients :

  • Investissement minimal important et frais élevés : Il faut des connaissances spécialisées pour gérer des actifs non traditionnels, et cette expertise peut coûter cher.

  • Risque élevé : Les placements non traditionnels sont généralement plus risqués que les placements traditionnels. Leur prix peut fluctuer de manière plus marquée, avec des hausses, mais surtout des baisses, bien plus importantes que celles des autres types d’investissements.

  • Faible liquidité : Comme les placements non traditionnels ne sont pas cotés en bourse, ils peuvent être difficiles à vendre rapidement si vous avez besoin d’argent.

  • Barrières à l’entrée : Certains placements non traditionnels sont tout simplement hors de prix pour la plupart des gens. Vous voulez investir dans des œuvres de Van Gogh? Super. Un petit 81 millions de dollars qui traîne quelque part?

Quels sont les placements non traditionnels les plus courants?

Les quatres principaux types de placements non traditionnels sont le capital de risque, le capital-investissement et le crédit privé.

Voici un résumé de leurs différences.

Capital de risque
Capital-investissement
Crédit privé
Infrastructures
DescriptionInvestissement en actions d’entreprises en démarrage et de petites entreprises de logiciels.Investissement en actions de sociétés de moyenne ou grande taille non cotées en bourse dans des industries stables.Prêts accordés à des sociétés de moyenne ou grande taille non cotées en bourse dans des industries stables.Prêts ou investissements en actions dans des projets dont les flux de trésorerie pourraient être liés à l’inflation, comme les routes à péage, les systèmes de stationnement payant ou les réseaux de distribution d’énergie.
Nature des rendementsHausse de la valeur d’une entreprise, réalisée lors de sa vente. Les rendements antérieurs sont supérieurs à ceux des marchés boursiers.Hausse de la valeur d’une entreprise, réalisée lors de sa vente.Paiements d’intérêts des titulaires de crédit auprès du fonds, versés mensuellement, avec une possibilité de hausse de valeur.Hausse de la valeur des investissements et/ou paiements d’intérêts, selon la structure de l’investissement.
Risque historiquePlus élevé que les actions cotées en bourse. Risque principal : les petites entreprises ne deviennent pas des sociétés de grande taille.Plus élevé que les actions cotées en bourse. Risque principal : les activités et la valeur de la société ne s’améliorent pas comme prévu.Moins élevé que les actions cotées en bourse (semblable aux obligations à rendement élevé). Risque principal : des titulaires de crédit ne remboursent pas les fonds.Semblable aux actions cotées en bourse. Risque principal : les projets ne sont pas aussi rentables que prévu, pour des raisons macroéconomiques ou opérationnelles.
Diversification ajoutéeFaible. Semblable aux actions cotées en bourse.Faible. Semblable aux actions cotées en bourse.Moyenne/élevée. Offre une diversification en cas de hausse des taux d’intérêt.Moyenne. Offre une diversification en cas de hausse de l’inflation.

Et voici des explications plus approfondies :

Le capital-investissement est un investissement dans une société privée (par opposition à une société publique, cotée en bourse). Généralement, les gestionnaires de fonds achètent une participation importante dans une société privée ayant un faible rendement, puis tentent d’améliorer sa situation et de la vendre pour réaliser un profit. Cette stratégie peut s’avérer risquée, car les personnes qui investissent dans le capital-investissement ne réussissent pas toujours à redresser les sociétés. Cependant, comme le montre le graphique ci-dessus (Placements non traditionnels, actions et liquidités), le risque peut être payant : de 2008 à 2022, le capital-investissement a généré un rendement d’environ 12 % par an, soit 5,7 % de plus que les actions mondiales.

Le crédit privé fonctionne comme les obligations, puisqu’il s’agit de prêts accordés à des sociétés en échange de paiements d’intérêts – une bonne façon de toucher des revenus constants. Contrairement aux obligations, les fonds de crédit privé offrent des rendements se rapprochant de ceux des actions, soit 9 % par an au cours des 15 dernières années. Ils sont toutefois considérés comme moins risqués que les actions.

Le capital de risque consiste également à investir dans des sociétés privées, mais il se concentre sur les entreprises en démarrage pour financer leur croissance, et potentiellement réaliser des profits considérables en cas de succès. Ces fonds sont risqués, car ils misent souvent sur des entreprises développant des technologies non éprouvées (ou avec une gestion douteuse – souvenez-vous de Theranos). Cependant, au cours de la période de 15 ans illustrée par le graphique, les fonds de capital de risque ont généré des rendements avoisinant les 10 % par an, soit environ 4 % de plus que les actions mondiales.

Les infrastructures et les actifs tangibles concernent le financement de grands projets qui font fonctionner le monde, comme les voies ferrées, les installations portuaires, les pipelines ou les autoroutes. Comme les flux de trésorerie associés à ces projets sont stables et étroitement liés à l’activité économique, ce genre d’investissement peut offrir diversification et résilience face à l’inflation.

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